En nutrition, partager un résultat scientifique implique aussi d’en expliquer les limites.
L’essai PREDIMED a étudié 7 447 adultes en Espagne, à haut risque cardiovasculaire mais sans maladie cardiovasculaire à l’inclusion.
Après un suivi médian de 4,8 ans, la réanalyse publiée en 2018 rapporte une réduction relative d’environ 30 % du risque combiné d’infarctus, d’AVC ou de décès cardiovasculaire dans les groupes « alimentation méditerranéenne + huile d’olive extra-vierge » ou « + fruits à coque », par rapport au groupe recevant des conseils pour réduire les graisses.
Comment interpréter ce résultat ? Il s’agit d’une diminution relative, et non de 30 points de pourcentage. Les participants bénéficiaient d’un accompagnement nutritionnel et d’aliments fournis. Des écarts au protocole de randomisation ont nécessité cette réanalyse. Ces résultats ne se généralisent pas automatiquement à toutes les populations.
Pour le Maroc, une question se pose : comment construire des actions de prévention adaptées à nos habitudes alimentaires, à nos ressources et à nos réalités sociales ?
La science nourrit la prévention lorsqu’elle est expliquée avec précision.
